Dispositifs de conservation

On distingue quatre dispositifs de conservation : deux réseaux d’envergure nationale représentatifs de la diversité génétique globale sur le territoire, et deux dispositifs d’envergure locale.  Ces dispositifs correspondent à différents modes de conservation: conservation dynamique in situ où les populations évoluent au fil des générations dans leur milieu naturel d’origine, conservation dynamique ex situ, où les populations évoluent au fil des générations dans un milieu naturel, mais pas celui dont ils sont originaires, et conservation statique ex situ où les arbres sont gardés en collections in vivo, in vitro ou dans l’azote liquide sans évolution.

    • Les réseaux nationaux d’Unités Conservatoires

Les Unités Conservatoires (UC) sont des zones forestières, le plus souvent publiques, ayant un objectif assigné de conservation de la diversité génétique et dont la gestion est soumise à une charte de gestion signée par les propriétaires, les gestionnaires et la CRGF. 

Ainsi, pour chaque espèce faisant l’objet d’un programme national de conservation in situ des ressources génétiques, un échantillon de populations représentant l’essentiel de la variabilité génétique de l’espèce est sélectionné, sans pour autant soustraire ces populations aux contraintes du milieu, qui vont garantir leur évolution dans le temps. Ce réseau d’Unités Conservatoires (UC) a pour but de préserver l’originalité génétique de l’espèce ainsi que sa capacité à évoluer dans son milieu naturel. La diversité génétique y est en perpétuelle évolution et façonnée par la sélection, qu’elle soit d’origine naturelle ou humaine.Une UC se compose de 2 parties distinctes : une zone centrale, appelée noyau de conservation entouré à sa périphérie d’une zone tampon.
La surface de l’UC doit être suffisamment importante et compacte pour limiter la proportion de pollen en provenance d’autres RGF de la même espèce d’origine incontrôlée pour éviter à la population conservée d’être “génétiquement submergée” par trop d’hybridation.

Le noyau de l’UC doit comporter un nombre suffisant d’individus reproducteurs de l’espèce ciblée pour assurer la conservation de la diversité génétique du peuplement au fil des générations.

Panneau d'Unité Conservatoire de Chêne sessile - forêt communale de Vachères

Panneau d’Unité Conservatoire de Chêne sessile – forêt communale de Vachères

 

Cet effectif total de reproducteurs va varier selon les objectifs de conservation :

      • >500 reproducteurs : conservation de la diversité génétique globale dans de grandes populations
      • >50 reproducteurs : conservation des traits adaptatifs et/ou de phénotypes spécifiques dans une population marginale ou disséminée de petite taille
      • >15 reproducteurs : conservation d’espèces rares ou menacées, dans de très petites populations

Chaque réseau est coordonné par un animateur désigné par la CRGF. Il est chargé d’informer le gestionnaire de chaque UC des avancées de la recherche concernant l’espèce cible (conseil scientifique et technique), d’identifier avec le gestionnaire et le propriétaire d’éventuelles difficultés dans la mise en œuvre de la charte de gestion, et de rendre compte à la CRGF de l’évolution et de la gestion du réseau dont il a la charge.

Les Unités Conservatoires sont des dispositifs assez compliqués à mettre en place. Pour étendre les réseaux de conservation à davantage d’espèces, un second dispositif in situ a été récemment mis en place, il s’agit des peuplements forestiers d’intérêt pour la diversité génétique.

    • Les Collections nationales dynamiques ex situ

Ces collections sont utilisées lorsque le maintien d’une population suffisamment grande est difficile à cause d’une crise sanitaire, de la destruction de l’habitat, d’une répartition clairsemée ou de la rareté des espèces.
Des copies clonales sont réalisées ou des graines prélevées sur des arbres dans leur environnement naturel, en veillant à ce qu’ils soient représentatifs de la diversité génétique de l’espèce.

Les archives clonales sont conservées en pépinières, dans des arboreta, ou in vitro dans des cryobanques. Aucune reproduction sexuée n’intervient, la diversité génétique y est donc statique.

    • Les peuplements forestiers d’intérêt pour les RGF

Un autre dispositif, complémentaire au réseau national des Unités Conservatoires, vise à étendre la stratégie française de conservation des ressources génétiques forestières à de nouvelles espèces en se limitant pour celles-ci à un objectif de conservation de RGF locales d’intérêt particulier, plutôt qu’une objectif d’envergure nationale. Ce dispositif, nommé PfIG (peuplements forestiers d’intérêt pour la diversité génétique), se veut plus économe en termes de procédures et de suivi que le système actuel de protection par UC. Les données relatives aux PfIGs sont saisies et mises à disposition sur le site internet du Ministère en charge des forêts. Les données doivent notamment contenir un descriptif simple du site d’intérêt (localisation précise, type d’habitat, plans), le nom de la ou des espèces ou sous-espèces concernées, le nom et les coordonnées de l’observateur et la date de saisie, des indications sur la valeur potentielle pour les RGF (sur la base des connaissances écologiques et génétiques) ainsi que le nom de l’organisme local pouvant assurer la conservation des RGF concernées. Par sa souplesse, cette méthode pourrait inclure des peuplements dont des processus de création de diversité génétique sont en cours (hybridation par exemple).

    • Les populations dynamiques ex situ

Plus rarement utilisées, il s’agit de collections de matériels génétiques variés, qui vont être plantés pour créer une nouvelle population ex situ, au sein de laquelle la reproduction sexuée engendrera au fil des générations une nouvelle diversité génétique, présentant ainsi de nouvelles adaptations locales.

Carte de répartition des différents dispositifs de conservation en 2020

Carte de répartition des différents dispositifs de conservation en 2020